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isabelle grangé peinture

Ecart   81 x 146 cm

 

« (…) Les “cri-chants” des Sirènes “tirent” les hommes dans la dis-harmonie qui leur est constitutive, les attirent en la déchirure de l’unité dispersée qui est au cœur de l’être mortel, rythme déjà, battement, pulsation, destin, subitement là, au dedans, comme de toujours depuis pourtant ce seul instant de la frappe fulgurante de l’ouï à même le silence de mort, ce seul instant de la frappe matérielle de la mortalité à même l’ouïr, retentissement en un silence tout autre du silence de mort qui est dans le langage, retentissement de ce silence-ci en un silence sonore plus vieux que le langage. Ouvert ininscriptible dont l’ouïr excède l’audible (l’ouïr de l’inaudible relève moins du son que du rythme, c’est à dire de la jointure, c’est-à-dire encore de l’accord ; l’accord ? ce que seules déchiffrent les répétitions de la butée aveugle d’une destinée butant singulièrement sur un Réel, cette inclinaison unique de l’habitation spatiale qui lui est insubstituablement sienne, sans commune mesure sienne, indifférenciablement sienne, spatialisation qui relève du rythme, de la musique et du geste. (…) »

 

Jean-Pierre Loeb, La nuit juive de l’allemand, L’ode enchantée de l’aura du chant, une lecture de Kafka

  



 

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isabelle grangé peinture

Erre   81 x 146 cm

 

« (…) On a pu voir sur la pierre à Hiroshima — traces laissées par l’ombre d'êtres foudroyés, l’ombre rejaillie de la néantisation d’êtres néantisés, quelque chose comme l’ombre portée de la cendre, et écriture obscure, sans traces écrites mais lues pourtant, lues à cet autre temps, au temps présent du futur (…) ».

 

Jean-Pierre LoebD’un voile pris à l’intransmissible, in …à Jean Clavreul, répliques, Jacques Félician, Pierre Ginésy, Renée Koch & alii, 2008, apolis éditions, page 91. 

 

 

 

 

 

 

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isabelle grangé peinture

Jusant — 97 x 130 cm

 

(…) « Le jaillissement (tel est l’apparaître de la source) n’a pas pour horizon la tombe, mais pour durée la destination, sa gerbe ne porte pas sur l’étendue (le déclin de midi vers le crépuscule), mais le resserrement de la nuit, cette autre durée de l’aube dans l’antériorité absolue de la fracture du sens d’où toutes choses appellent encore l’essence de son destin. » (…)

 

Jean-Pierre LoebD’un voile pris à l’intransmissible, in …à Jean Clavreul, répliques, Jacques Félician, Pierre Ginésy, Renée Koch & alii, 2008, apolis éditions, page 91. 

 

 

 

 

 

 

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isabelle grangé peinture

Faire venir la terre  130 x 195 cm

 

 « C’est cette “région” que Höderlin appelle la “terre mère”, même à celle que sans doute René Char interpelle quand il nomme “terre mouvante, horrible, exquise”, cette région qui est celle de “la terre refermée sur son silence, celle qui est souterraine et qui se retire dans son ombre” à qui Rilke s’adresse ainsi: « Terre, n’est-ce pas ce que tu veux, invisible en nous renaître? », et que Van Gogh nous montre plus fortement encore en disant : « Je suis attaché à la terre ».


Jean-Pierre Loeb, Aube d'ombre, La nuit juive de l’allemand.

  

   

 

 

 

 

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isabelle grangé peinture

Nuits  73 x 100 cm

 

   

« (…) Qu’Eschyle ait cru à la survivance de quelque chose est clairement dit… Mais ce quelque chose ne serait pas forcément ailleurs. Il reste accroché à la terre (…) et se montre avec les passions au cœur des vivants et singulièrement au cœur des enfants. Ce n’est donc pas assez dire que les morts envoient de sous la tombe passions et résolutions. Les morts sont la profondeur d’où montent aux vivants passions et résolutions ».


Jean-Pierre Loeb, D’un voile pris à l’intransmissible, à Jean Clavreul, répliques,  Apolis éditions, p 72.

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isabelle grangé peinture

Re-surgie  130 x 195 cm

 

« Car l’inouï passe les générations. (...)

 Ce qui est inouï n’est pas audible comme un langage. Il précède l’Autre, qui a limite du langage, le précède comme la chose du don précède — de part le corps, le sang, les humeurs — cet autre silence que le silence de mort.  L’ouïr de l’inouï à tout langage précède l’Autre, qui a limite du langage, comme la nudité sonore précède l’audition du battement, de la pulsation, précède en-deçà du meurtre, précède dans la précession du rythme, le sang dans le battement, la pulsation qui est au cœur du re-naître ».


Jean-Pierre Loeb, Aube d'ombreLa nuit juive de l’allemand.

  

 

 

 

 

 

 

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isabelle grangé peinture

Feu— 100 x 100 cm

 

« La blessure de l’être mortel par la mort lie en lui un autre monde que le monde ; dans l’obscurité de l’eau du miroir, se réfléchit la brisure de l’assignation au un, l’obscurité de cette eau ne lie pas à la résurrection (la ressuscitation, la guérison, le salut) mais au feu du naître, re-naître, mourir encore. (…) Entame qui n’est pas sexuelle mais rythmique d’une nuit en lui plus vieille que le langage, lève en lui la nuit du rythme, obscure connexion des mondes, le monde des vivants et le monde des morts ».

 

Jean-Pierre Loeb, D’un voile pris à l’intransmissible, in …à Jean Clavreul,  répliques, Jacques Félician, Pierre Ginésy, Renée Koch & alii, 2008, apolis éditions, page 86.

 

 

 

 

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