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Isabelle Grangé peinture

Oracle - Ys  -- 100 x 100 cm 

 

 

… « Particulièrement remarquables les observations de René Thom (mathématicien) à propos de la mantique : « Il est frappant d’observer que toutes les techniques passées ou présentes de divination de l’avenir reposent sur le principe suivant : on étudie localement une catastrophe généralisée (marc de café, lignes de la main, tirage de cartes, forme d’un foie de poulet etc.) et, par un isomorphisme approprié, on associe la morphologie de cette catastrophe aux préoccupations, aux difficultés du consultant. Dans la mesure où la dynamique de la morphogénèse et celle qui régit les situations humaines peuvent présenter des accidents isomorphes, la méthode n’est pas absurde et un devin doué peut certainement en tirer quelquefois des intuitions valables. Evidemment, codifier cet isomorphisme d’une manière définitive serait verser dans la pensée délirante la mieux caractérisée... ». "Est-ce trop que de soutenir que, à sa manière, René Thom est sensible, comme l’était Dante, aux harmoniques des formes ? Si bien que Mandelstam aurait pu le convier sans doute à partager avec lui l’étude attentive des galets de la Mer Noire et du vol des oiseaux. Sensibles, comme Uexküll (biologiste), à ce que l'on pourrait nommer l' artnimal - à ces formes de la physis à l’origine de l’art et du destin."


Pierre Ginésy, Sur l'artnimal et autres perplexités,  In "Ça dépasse l'entendement, une introduction au conjectural " Apolis editions 2013

 

 ART ÉLYSÉ 22 > 26-10-2015avec la Galerie Linz, stand 141 A

Avenue des Champs-Élysées, 

 

 

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Isabelle Grangé peinture

Dzing-Dzing Bar - 195/114 cm 

 

 

"... Le monde de morts comme source de vie..."

 

Pierre Ginésy, Histoires d’eau, Mélusine & Cie, in Diabolique II, Apolis Editions page 132.

  

 

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isabelle Grangé peintre

Galêné  195/97 cm 

 

« Certains éléments suggèrent que, dans le pouvoir des Sirènes, intervient une perturbation du temps et de l’espace, de ce qui les conditionnent l’un et l’autre. (…)

La brillance de la galênê, du calme plat renvoie à l’éblouissement qui fige, les Sirènes disposent d’une magie météorologique qui méduse les vents. (…)

Le midi d’un rythme fait basculer dans l’indifférenciation complète. Chaos qui crée l’angoisse, celle d’être soi-même amorphe, et surtout que le monde entier reste ainsi suspendu à cette heure panique ».


Pierre Ginésy, Sur le chant sourd des Sirènes, Au midi du rythme, Diabolique II, Apolis Editions, pages 345, 346, 347.

     


 


 

 

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Isabelle Grangé peinture

Xuàn 146 x 116 cm 

 

 

« Les taoïstes utilisent le mot xuàn, ce n’est pas un concept, car les taoïstes refusent les définitions estimant que la pensée n’est accessible que par la méditation. Laozi disait « Voie qu’on énonce n’est pas la voie ; Nom qu’on prononce n’est pas le Nom ». Il ne reste alors plus qu’à interroger les significations étymologiques du caractère chinois portant ce nom de xuàn. Selon Pang Pu ce caractère a au moins trois sens intrinsèques :

1) lointain, noir ; 2) mystérieux, délicat ; 3) origine de l’univers. Pour Guo Moruo, l’image initiale de ce caractère est celle du trépan de sonde. « Comme l’homme, en tournant est pris de vertiges par un défaut de vision, l’idéogramme comporte ainsi l’idée de noir ». En Chine également, de nombreuses roues à filer, ancêtres des rouets datant du néolithique, présentent des motifs rouges, assemblage de traits en hélice. La rotation de la roue provoquait ainsi un effet visuel de tourbillon. L’expérience nautique de la puissance des tourbillons qui faisait disparaître les êtres et les choses suggérait qu’ils pouvaient certainement aussi les faire réapparaître. (…) Dans le déploiement de la parole, Heidegger notait que le mot Tao de même que le mot Weg — le chemin — « est un mot original de la parole, un mot original de la parole, un mot qui parle en s’adressant à l’être humain en tant qu’il a le sens de pensée ». Il semble en être de même pour le mot xuàn, nom de ces chemins tourbillonnants, qui ne mènent nulle part, qui peuvent tout aspirer, mais aussi tout faire apparaître ».

 

Pierre Ginésy, En écorce de cornouiller



  


 

 

 

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Isabelle Grangé peinture

 Silence - 100 x 100 cm 

 

 

« On sait l’intérêt de Deligny pour les questions de territorialité. Il traçait sur le papier les lignes d’erre que Janmari, un adolescent dit “autiste”, traçait en marchant : « Suivre la trace, le suivre, lui qui n’a rien à dire et que rien ne regarde, que rien n’affecte jamais que ce qu’on ne voit pas, les poussières du printemps, les aléas des choses, les sillons laissés par la marche de l’homme ». Ce que les cartes révèlent, à travers les nombreux tracés et le transcrit qui en est fait, là où l’enchevêtrement des lignes d’erre et les trajets coutumiers constitue un lieu chevêtre, c’est l’existence d’un corps commun, d’un “Nous primordial” qui ne saurait être ramené à un nœud de désir inconscients, ni à un héritage de dispositions innées. “Ce quelque chose en nous qui échappe au conjugable”, que tente de définir Deligny, ou encore ce “fond commun autiste que nous avons tous en permanence” ».

 

Pierre Ginésy, Sur les enfants de cire et les êtres sacrificiels, Diabolique II, pages 252-253.

 

 

 

 

 

 

 

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Isabelle Grangé peinture

 Estran - 100 x 100 cm 

 

 

 « (...) Comme le Tartare, la mer ne comporte aucune direction fixe ni établie, c'est un espace non orienté. (...) Le Tartare représente au niveau spatial ce que Chaos représente au niveau temporel, l'indéterminé primordial à partir duquel le monde pourra s'organiser en régions et en éléments cosmiques différenciés. Tout ce qui, d'une façon ou d'une autre, unit ou confond des éléments faits pour demeurer disjoints et séparés, s'apparente ainsi à certains égards au chaos primordial - qu'il s'agisse des divinités à métamorphoses, des animaux amphibies, effaçant les frontières entre la mer, la terre, les airs, des îles flottantes qui, faute d'être enracinées, tantôt surgissent comme des terres, tantôt s'abîment dans la mer, des vents des tempêtes qui dans la nuit, font que que deux ennemis jusqu'alors irréductibles, la mer et le feu, se conjugent et montrent leur alliance. (...) »

 

Pierre Ginésy, Trépan, Revue Césure n°13 : Apolis, pages 24-25.

 

 

 

  

 

 

 

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isabelle Grangé peintre

 Les Hautes Terres - 81 x 100 cm 

 

 

« Il importe de ne pas confondre la source et l’origine, mais quand la source est une source et que de l'origine on ne peut parler autrement qu’avec des images empruntées à la physis, comment faire ? Comment parler de cette origine plus vieille que la parole, plus vieille que les hommes, plus vieille que les oiseaux ? ».

 

« Au mitan de son dit la source est parfois trop profonde ».

 

Pierre Ginésy, Histoires d’eau, Mélusine & Cie, Diabolique II, page 102.

 

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Vign_Du_lointain_1_copie

Du Lointain - 60 x 81 cm

 

« (…) À trop s’approcher de la perspective, c’est l’enchantement des lointains qui disparaît (…).

À la volonté des masses de contraindre les choses spatialement et humainement “plus proches”, s’oppose la vie de la langue et en elle la pudeur de la nomination dans ce qu’elle comporte d’appel. Heiddegger, dans le texte La Parole, insistait sur le fait que « nommer, ce n’est pas distribuer des qualificatifs, employer des mots. Nommer, c’est appeler par le nom. Nommer est appel. L’appel rend ce qu’il appelle plus proche ». Un tel appel « n’arrache pourtant pas ce qu’il appelle au lointain ; par l’appel qui va vers lui, ce qui est appelé demeure maintenu au loin. L’appel appelle en lui-même, et ainsi toujours s’en va s’en vient ; appel à venir dans la présence — appel à aller dans l’absence ».


 

Pierre Ginésy, Chic !  Dans un mouchoir, Diabolique I, Là où le soleil se tait, Apolis Editions, page 88.

Texte intégral à lire ici 

 

 





 

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isabelle Grangé peintre

In Periculo Maris — 30/25 cm encres sur papier 

 

 

« (...) Quels périls tracent, en ce lieu, le brouillard, la mouvance des sables et de la marée qui galope sur les grèves ? Des périls physiques seulement ? Pour les Grecs la mer et sa capacité de métamorphose était un lieu singulier, parente du méga chasma, le chaos primordial, décrit comme une obscurité qui manque de tout : non stable, non limité, non déterminé ; mais aussi du Tartare. Le daïmôn avisé qui gouverne le monde est comparé, par Parménide, à un pilote, gouvernant depuis ce lieu où se nouent la mer et les cieux ; les mouvements des astres et du soleil, sur quoi se règle le cours du devenir, traçant dans le ciel des hodoikéleuthoiporoi, des routes visibles qui déterminent les diverses régions de l’espace, qui sont aussi les chemins et les portes de la mer, où émergent puis plongent les astres à leur lever et à leur coucher (…) ».


Pierre Ginésy, Trépan, Revue Césure n°13 Apolis, pages 22-23.

 

 

 

  

 



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